Accueil Date de création : 24/05/07 / Dernière mise à jour : 11/05/08 14:14 / 268 articles publiés
 

Une condition de la couronne ;-) (;-) Taquinez les muses !) posté le dimanche 11 mai 2008 14:10

Blog de smokki : >  Liberty Junky  > www.smokki.com, Une condition de la couronne ;-)

photo : liveart.production

Etre belle et aimée, ce n'est être que femme.

Etre laide et savoir se faire aimer, c'est être princesse.
    

Jules Barbey d'Aurevilly

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70 – Les dents blanches (> Lire "Blanc") posté le samedi 10 mai 2008 16:11

Blog de smokki : >  Liberty Junky  > www.smokki.com, 70 – Les dents blanches


L'envie me prend et puis s'en va. L'envie de dormir, celle de partir. L'envie d'aimer, celle de lui dire, l’envie d’avoir les dents blanches aussi. Tous ces sursauts qui apparaissent et s'évanouissent sans raison. Tous ces petits hoquets de vie, qui remplissent les minutes et nous permettent de rester éveillés. Petites envies, désirs irrépressibles, briques du présent pour ériger des souvenirs. Le passé, lui, n'est qu'un fil où s'égrainent ces perles ; Un collier fait de perles d'huîtres nacrées ou de billes d'acier.
Jouisseur compulsif, l'homme aux dents blanches se sert et ne demande jamais. Inconséquent, puéril, de délires en caprices, il rebondit sur ses envies, les use, les déforme, les compresse, puis les jette, comme un enfant casse ses jouets. Trop de bonbons en vitrine, trop d’envie à satisfaire, les bonbons font mal aux dents. Indécis, il les prend tous et sans y goûter, les laisse coller le fond de ses poches.
Peur de manquer, réminiscence d'après-guerre. Peur de manquer de temps, d'amour, d'argent, de n'avoir que quarante paires de chaussures à se mettre.  Peur de ne pas être unique en croisant au cours d'une soirée le même petit décolleté, peur de ne pas être exceptionnel, peur d’avoir les dents qui jaunissent, peur de ne plus pouvoir sourire en société.
Faire pour faire, dire pour dire ; Rentrer dans le moule des préoccupations qui bercent les conversations les plus saines… Être original sans être marginal ; Avoir des rêves passés au polish du politiquement correct, et finalement, n'avoir pour envies qu'un dictat de couvertures de magazines aux dents blanches et la profonde bêtise d'une élite intellectuelle, qui non contente d'enduire les murs de son ennui, assène ce dont doit se satisfaire la masse inerte des chicots pourris.
Mes dents blanches sont l’effet d’un brossage intensif, les leurs, d’un effet de jeu de lumière ou d’une correction numérique. Les dents blanches sont l’apanage de la nouvelle aristocratie, celle qui peut sourire de tout, celle à qui tout sourit, au loin des haleines putrides. Ce sont les dents couronnées, qui considèrent l’éclat de leur  miroir comme une douce réalité. Les dents blanches obtiennent tout d’un coup de canine, quand nos envies ne sont que leurs sursauts d'ennui, et nos désirs, leurs ébauches gratuites de plan de carrière ou d'art de vivre. Autant d'échelons qu'ils n'ont jamais eu et qu’ils n’auront jamais à gravir. Garder les dents blanches reste leur seul souci.
L'envie me prend et puis s'en va, même celle de prendre leur place, même celle de leur arracher les dents. Avoir les dents blanches en toute circonstance, leur envie… leur misère… Postiche de vie, je leur laisse. Ce matin, je me brosse les dents, avant qu’elles ne viennent à tomber. Ce matin, l’envie me prend de croquer.

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J'I Love... Beaucoup... (> Lire "J'I Love !...") posté le samedi 10 mai 2008 14:21

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J’I Love les hystériques, les schizophrènes,
les mégalomanes et les mytho…

… J’I Love qu’au moins ils brassent de l’air
quand ils respirent



J’I Love les pointeuses d’usine qui comptent les secondes

comme d’autres leurs poils de cul quand ils s’épilent

 

 

 J’I Love acheter des sicav chaque mois
pour construire ma retraite et envisager mon avenir

 

 

J’I Love la bière tiède, les parasols à franges
et les chiottes de camping



J’I Love la mauvaise foi des élus sans visage qui se présentent,

entre deux condamnations, à chaque nouvelle élection
 

 

J’I Love sentir sous mes doigts, le volant brûlant de ma voiture quand je pars en vacances, en me disant que mes emmerdements,

je les laisse sur place

 

 

J’I Love les caissières neurasthéniques qui vous aboient dessus sans raison…

… J’I Love les dévisager de part en part, défroquer leurs âmes sales

pour qu’il n’en reste qu’un corps flottant sous une blouse orange

 

 

J’I Love vider l’océan avec une petite cuillère,

quand la conscience du monde s’écrase comme une enclume

sur le rebord de mes pompe

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Rien.com (Smokki's Days > Chroniques) posté le vendredi 09 mai 2008 11:59

Blog de smokki : >  Liberty Junky  > www.smokki.com, Rien.com


Je naviguais sur rien.com, le site des sites, l’inconvénient du pire, les méandres du vide, rien point com.
J’ai croisé des sylphides, des tranches d’orange, des ombrelles anorexiques, le bonheur qui frappait avec ses petits poings contre la vitre, sur rien point com, j’ai croisé toutes les féeries, des poissons à barbiches, des barbies à postiches, même des kangourous, planète rien, l’océan Internet m’ouvrait ses mains ; J’y ai plongé sans mesure, sans savoir où me rendre, sans rien y connaître, sans rien, sur rien point com ; L’idéal idyllique, l’essentiel, l’argent, le sexe, l’info sommaire…
Sur rien point com, l’univers m’attendait, ses gencives roses, ses sourires, ses envies, tout ce que la planète humaine promettait, tout ce qu’on pouvait obtenir avec un simple numéro de carte de crédit, tout, et rien… Je m’abandonnais dans ses pages, ses retours, ses délires, ses filles aux gros seins qui m’emmenaient d’une fenêtre à la prochaine, le nez au vent, la tête entre leurs seins, je cliquais…
J’étais bien, presque trois fois rien, juste de quoi sourire aux alouettes numériques, juste de quoi continuer mon avancée de clic en clic, juste de quoi ne rien me souvenir, j’étais bien dans ces nouveaux paradis artificiels… Je voyais des crinières remuer, des fesses rebondir, le jackpot télévisé retransmis, les côtes d’une île, l’ensemble me paraissait parfait, ce n’était pourtant rien, juste le sursaut humide d’un rêve sans queue ni tête ni slip, un rêve sans rien de réel, rien point com, tout ceci jamais n’existerait… J’étais bien, dans mes rêves, mes photos, mes déliés, mes délires, je passais d’une page à la suivante comme je changeais de rêve, comme je changeais de vie, comme je changeais de rien, de tout ce qui m’entourait, j’étais bien…
Rien point com, l’essence de mes envies, ma survie de nuit, ma bouée de journée, tout ce qui permet de respirer encore aujourd’hui, rien point com, mon avenir, mon matin, mes soirées, toute ma vie…

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69 – Carré blanc (> Lire "Blanc") posté le jeudi 08 mai 2008 20:15

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Allez savoir, allez savoir ce qui pousse et ce qui empêche…
J’ai l’âme souple, l’œil de vers, le cul sous la lune, je pousse et j’espère.
Carré blanc. Deux images s’imbriquent sur les mêmes mots. Choisir son camp. Suis-je à la seconde ligne le Pierrot implorant les sphères célestes, ou le couleur de bronze, votre serviteur, l’homme aux chapelets de perles. Carré blanc. Soixante-neuvième variations, je me retourne sur moi-même, comme je le faisais on « This Fucking Way » ; Ouvrage ô combien à l’image de ce que j’étais : un carré blanc. Collectionneur d’amours mortes, de beautés fracassées, papillonnant d’histoires sans lendemain en rencontres passagères, trop courtes, trop éphémères pour avoir même le temps d’être infidèle. Carré blanc sur ma vie d’hier, elle n’existe plus. J’ai roulé capoté pendant tant d’années, qu’aujourd’hui le soleil me brûle le front  à chaque virée que je fais.
Carré blanc, parler de cul peut-être, aucune envie quel que soit le camp que je choisisse. On ne peut parler que de ce que l’on connaît, que de ce que l’on vit, arranger le décor au mieux, c’est aussi cela écrire, transgresser ; Non pas les règles, mais ce que l’on est, ce qui pousse, ce qui empêche, deux moteurs indivisibles. Regarder en face son propre carré blanc, en redessiner les contours, s’en servir, tenter de vivre avec, ne jamais le quitter. Le carré blanc est la fêlure et la folie propre à chacun d’entre nous.
Mon carré blanc ressemble à la lune que j’observe ce soir, plus grosse qu’hier, carré blanc dont j’ai arrondi les angles. Allez savoir, allez savoir ce qui pousse et ce qui empêche…
J’ai l’âme souple, l’œil de vers, le cul sous la lune, je pousse et j’espère…
Carré blanc… C’est le morceau de sucre qui tombe dans le café du matin… À chacun le sien.

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