End of the road, je tire sur la paille qui me relie à la
table basse, un cactus ôte son chapeau pour me saluer au
passage.
Quelle heure est-il ? Quelle importance cela peut-il avoir…
J’inspire l’air sec, j’aspire la paille, je suis
au milieu du désert, assis à la terrasse au bois sale
d’un vieux motel, End of the road… Les lettres peintes
se lisent tout juste sur l’enseigne… Un jour, ce motel
disparaîtra dans le désert, et si je suis encore
là, je disparaîtrai avec…
End of the road, je suis venu là pour penser, pour
écrire, pour savoir qui je suis, qui
j’étais… Me retrouver seul avec moi-même,
well, comme d’habitude me diraient ceux qui me connaissent,
well, à la différence que j’ai enlevé du
décor le tas de merde qui m’entourait…
End of the road… Vu d’ici le monde n’existe
pas… Tout ce que je connaissais hier… Il n’y a
rien… Pas de politique, de religion, de murs,
d’interdits, de paraître, de société, de
building, même pas de nature à sauver pour faire de la
fausse écologie, rien, juste le désert, le vent, le
silence… End of the road… La vie à
l’état brut, presque sans homme, presque sans vie, je
me sens bien ici…
End of the road, le soleil ne se lève jamais, ne se couche
jamais… End of the road, il fait toujours chaud, sec dans
l’air, et humide sur la peau…
Quelques vautours planent autour du dernier pylône
électrique, Magett s’en charge à coups de
fusil… Magett est un bon tireur, Magett ne rate jamais sa
cible, Magett tient le motel, Magett tient la cuisine, et ce soir
nous mangerons du vautour rôti et des pommes de terre…
Ici, même les vautours n’ont pas droit au ticket de
survie… Il n’est que les âmes simples et les
cœurs en miettes… Nous sommes cinq
pensionnaires… Nous étions huit en début de
semaine… Magett en a descendu trois qui n’avaient rien
à faire là… End of the road n’est pas un
site touristique… Nous sommes vendredi, je ne sais si je
verrai samedi, dimanche ou lundi… Je ne sais si je suis
à ma place ici, je ne sais si j’ai le droit de
prétendre vouloir m’asseoir sur la dernière
borne kilométrique pour regarder le
désert…
End of the road, je ne sais, un autre cactus passe en souriant, lui
sait… Il va rejoindre le cœur du désert quand
ici je ne reste qu’en lisière… À la
lisière de ma connerie, à sucer des verres
d’alcool de chenille… Hier je haïssais les
chenilles, aujourd’hui, je les regarde se promener le long de
la frontière, dix pas tout juste entre cette terrasse et ce
désert ; jamais les chenilles ne traversent… Elles
deviennent alcool et attente pour ceux qui
s’asseyent…
End of the road, la seule destination possible quand on vient de
nulle part… Une fois là, les jours peuvent bien
défiler, les nuits peuvent bien tomber, les années
dérouler leur tapis moisi, rien ne reste ni ne
s’attache sur le sable de cet endroit…
End of the road, le vent souffle à m’en arracher les
ongles…
End of the road, je sens le fusil de Magett derrière
moi…
Accueil
Date de création : 24/05/07 / Dernière mise à jour : 22/08/08 15:59 / 336 articles publiés
End of the road (Smokki's Days > Chroniques) posté le vendredi 06 juin 2008 17:08
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Tous les commentaires liés à l'article : End of the road
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hypercube a posté :lundi 09 juin 2008 17:09
ici c est nul part et nul part c est ailleurs. le bout du monde me semble bien loin mais je peut presque le toucher.
houai c est comme ça -
thierry duty a posté :lundi 09 juin 2008 00:51
hello
chouette (s) univers
viens nous rendre visite sur notre blog ou consulte les textes de mon parolier ici:
http://lesincoherents.ch
a bientot
t -
jardin secret a posté :dimanche 08 juin 2008 23:35
bon cette fois ci je suis à laboure !! mais ton écrit est superbe ou l'on prend plaisir à lire !!! je rejoins un com de dessous on dirai l'image de bagdad café !!!!!
Bonne soirée I Love tes textes
Bisoussss à mon lyonnais favoris
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bubulle a posté :dimanche 08 juin 2008 19:44
c prenant et terriblement bien écrit
Félicitations
o -
Crystel a posté :dimanche 08 juin 2008 13:15
whaou... ce texte se laisse lire très facilement, tout "coule" doucement comme j'aime... ça nous permet d'entrer dans une autre univers un instant, comme si le temps s'était arrêté soudainement! ... -
L'Albatros a posté :samedi 07 juin 2008 21:23
Beau texte et étrange photo (qui me rappelle Bagdad Café)
J'espère que çà ne va pas se terminer comme "Il était une fois dans l'Ouest" !

vivement dimanche (pour la suite) -
luc a posté :samedi 07 juin 2008 18:41
Les routes du bout du monde... Y'en a, c'est génial... -
smokki a posté :samedi 07 juin 2008 16:34
merci ;-)) je vais voir le retse de ses toiles ;-)
A+ -
pascale a posté :samedi 07 juin 2008 15:47
toi t'en as vraiment marre de ton environnement. c'est bien au moins pour nous, on peut découvrir dans tes analyses des défauts qu'on pourrait peut-être envisager de corriger...mais si le monde était parfait, on n'aurait plus envie d'aller voir plus loin ? en tout cas j'ai fait des recherches, pour toi : le créateur du tableau est japonais http://www.tyoheihase.com, j'avais bien l'intention de le citer, mais perdu la page....il faut bien que les décalés puissent le visiter....
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valserine a posté :samedi 07 juin 2008 11:16
Un "court-lettrage" saisi sur le vif de la route... tout-à-fait comme j'aime.
A lire si ça te dit : "déserts" de Philippe Nollet.







Commentaires