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En attendant demain  posté le jeudi 03 juillet 2008 14:56

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Il va pleuvoir, j’ai mis un disque brésilien. La force de la musique tient au fait de pouvoir modifier notre façon de vivre l’instant présent. Sa magie est de pouvoir en créer une vision différente à la demande.
Il pleut ; Elément météo qui pousse à la mélancolie. Et pour peu qu’on soit volontaire à s’apitoyer sur son sort à cet instant, il suffit de mettre un disque de ballades tristes et là, c’est le carnage !
Les vieux fantômes sortent des placards, le spleen, les amours perdus, le verre n’est plus à moitié plein mais à moitié vide ! L’orgie de la cata cérébrale, par moment si humainement jouissive…
C’est vrai qu’on est souvent enclin à s’enterrer tout seul quand on a déjà le moral approximatif !
Il pleut, des gouttes énormes, presque des larmes. Elles rebondissent sur les joues de la Terre au rythme des guitares brésiliennes.
Contraste tranquille, voix féminine rassurante… Elle sourit… Elle chante…  Elle vit…
La pluie s’est arrêtée… La musique a ce pouvoir…
Le soleil perce l’angora des nuages… La musique a ce pouvoir…
Il y a une seconde encore, le tonnerre roulait. A cet instant la montagne m’offre dans le tranchant des sommets, l’éclat des derniers rayons de soleil.  Elle chante encore, soutient la lumière, la fait grandir et les nuages fondent…
J’éteins la lampe.
Je suis la lampe…
Au moral qu’on allume, qu’on éteint… D’un rien, d’une musique, d’une chanson, d’un rideau de pluie, d’un éclat du destin, d’un courrier inutile, d’un sourire, d’une rencontre, d’une cartouche qui se vide, d’une page qui se remplit…
Je suis la lampe, la propre lumière de ma vie… Que j’allume, que j’éteins. La musique est mon soleil en orbite, la page blanche, ma table des lois où tout est permis.
J’éponge l’instant, il est doux, la pluie s’est arrêtée… Elle chante…
La musique a ce pouvoir à jamais…

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Le choix  posté le mercredi 02 juillet 2008 15:35

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photo : Matrix


Le choix est un antidépresseur, la croyance du choix, un anxiolytique.
Illusion rassurante que ce choix que l’on croit détenir à tout instant, que l’on sert bien fort contre soi…
Alors qu’à baisser les yeux, à ouvrir les bras, on se rend compte que l’on n’enlace que du vide…

Fatalisme ? Loin de moi cette bêtise. Je remplacerais ce terme par mécanique humaine à la limite.
Destinée ? Idem en corbeille -
Le choix n’existe pas. Mais dire que l’on n’a pas le choix, ne veut pas dire que tout est écrit !

On croit avoir le choix… On croit… Bouée de sauvetage…
Nous n’avons jamais le choix.
Le choix n’est qu’un luxe intellectuel qui a servi de tout temps à noircir des lignes ; Entretien du mirage  « Je décide ! »
Maître mot, Maître de ma vie… Maître de mes couilles oui !
Au mieux de ma soupe !

Le choix n’est pas, il n’a pas de doute, il n’a pas d’envie.
Chaque décision est prise instantanément, plus ou moins consciemment.
Le doute, le temps de décision et de réflexion, ne sont qu’un temps de digestion, d’acceptation de ce « choix » imposé !
Impossible d’aller contre, même à essayer.
Pour le meilleur ou pour le meilleur, comme pour le pire ou pour le pire.

La seule raison d’être de cette décision, de ce choix imposé : la nécessité.
Il n’est ni bien, ni mal… Il n’est pas de choix… Il n’est qu’une nécessité…
Plus que floue, plus qu’inconnue…
Seule question : pour quelle finalité ?
 

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La théorie du mouton  posté le jeudi 26 juin 2008 11:38

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(Réflexion reçue par mail ce matin, et que je tenais à vous faire partager ;-))

 

" Un troupeau de moutons ne peut se déplacer qu'à la vitesse du mouton le plus lent.
Quand le troupeau est pourchassé, ce sont les plus lents et les plus faibles qui sont attaqués en premier.
Cette sélection naturelle est bonne pour le troupeau en général, parce que la vitesse du troupeau augmente à mesure que les plus lents et les plus faibles sont éliminés.
 
De la même façon, le cerveau humain ne peut fonctionner plus vite que ses cellules les plus lentes.
Comme on le sait aujourd'hui, la consommation d'alcool détruit les cellules du cerveau.
Naturellement ce sont les cellules les plus les lentes et les plus faibles qui sont détruites en premier.
On peut donc en déduire que la consommation d'alcool élimine les cellules les plus faibles, rendant ainsi notre cerveau de plus en plus performant.
Ce qui explique pourquoi on se sent toujours un peu plus intelligent après 4 ou 5 apéros.
Putain, j'le savais ! ........."

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Je ferme les yeux  posté le lundi 16 juin 2008 20:01

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Je ferme les yeux, la pluie me lave les cils. Poussière de comète qui s’est déposée à trop fixer le ciel. Quelqu’un a-t-il vu ce qui attend demain ? Je ne sais ce que sera la seconde suivante, les étapes se rétrécissent… Les zétapes, ze parcours, ze vie, donne envie de zenfuir…
Je ferme les yeux, les cigales chantent encore en hiver, et la fourmi s’est fait cartonner par un tamanoir avec une capote en papier de verre… Fuck la fourmi, la cigale se nettoie les ailes…
Je ferme les yeux, les nuages s’écartent doucement, je crois même entrevoir le vaisseau d’Albator qui se profile, l’enfance n’est pas si loin, chacun porte ses souvenirs au bord des paupières, en petites pattes d’oie qui se dessinent, juste de quoi sourire…
Je ferme les yeux, et j’entends les petits lapins applaudir, peu de bruit avec leurs petits coussins, de quoi laisser les ours dormir, de quoi choper un petit lapin et le faire rôtir…
Je ferme les yeux, la vue n’est rien, elle semble tout capter, et ne fait qu’atrophier les autres sens, la vue, on s’en contente si bien, on la croit tellement, la vue… Même quand le magicien nous ment, la vue donne la vérité, même du pigeon vivant dans la poche du veston et partageant sa gamelle avec les lapins blancs, les magiciens savent que la vue n’est rien…
Je ferme les yeux, la pluie me lave les cils, et je pense aux comètes que je chevauchais hier, à celles que je poursuivrai demain… Je suis dans le grand tout, au cœur de l’univers, connecté à aujourd’hui, à hier, à demain…
Je suis dans le grand tout, à cette échelle, juste un petit rien… Mais quand je ferme les paupières, pour les galaxies intercellulaires de mon iris, le jour s’éteint…

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End of the road  posté le vendredi 06 juin 2008 17:08

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End of the road, je tire sur la paille qui me relie à la table basse, un cactus ôte son chapeau pour me saluer au passage.
Quelle heure est-il ? Quelle importance cela peut-il avoir… J’inspire l’air sec, j’aspire la paille, je suis au milieu du désert, assis à la terrasse au bois sale d’un vieux motel, End of the road… Les lettres peintes se lisent tout juste sur l’enseigne… Un jour, ce motel disparaîtra dans le désert, et si je suis encore là, je disparaîtrai avec…
End of the road, je suis venu là pour penser, pour écrire, pour savoir qui je suis, qui j’étais… Me retrouver seul avec moi-même, well, comme d’habitude me diraient ceux qui me connaissent, well, à la différence que j’ai enlevé du décor le tas de merde qui m’entourait…
End of the road… Vu d’ici le monde n’existe pas… Tout ce que je connaissais hier… Il n’y a rien… Pas de politique, de religion, de murs, d’interdits, de paraître, de société, de building, même pas de nature à sauver pour faire de la fausse écologie, rien, juste le désert, le vent, le silence… End of the road… La vie à l’état brut, presque sans homme, presque sans vie, je me sens bien ici…
End of the road, le soleil ne se lève jamais, ne se couche jamais… End of the road, il fait toujours chaud, sec dans l’air, et humide sur la peau…
Quelques vautours planent autour du dernier pylône électrique, Magett s’en charge à coups de fusil… Magett est un bon tireur, Magett ne rate jamais sa cible, Magett tient le motel, Magett tient la cuisine, et ce soir nous mangerons du vautour rôti et des pommes de terre… Ici, même les vautours n’ont pas droit au ticket de survie… Il n’est que les âmes simples et les cœurs en miettes… Nous sommes cinq pensionnaires… Nous étions huit en début de semaine… Magett en a descendu trois qui n’avaient rien à faire là… End of the road n’est pas un site touristique… Nous sommes vendredi, je ne sais si je verrai samedi, dimanche ou lundi… Je ne sais si je suis à ma place ici, je ne sais si j’ai le droit de prétendre vouloir m’asseoir sur la dernière borne kilométrique pour regarder le désert…
End of the road, je ne sais, un autre cactus passe en souriant, lui sait… Il va rejoindre le cœur du désert quand ici je ne reste qu’en lisière… À la lisière de ma connerie, à sucer des verres d’alcool de chenille… Hier je haïssais les chenilles, aujourd’hui, je les regarde se promener le long de la frontière, dix pas tout juste entre cette terrasse et ce désert ; jamais les chenilles ne traversent… Elles deviennent alcool et attente pour ceux qui s’asseyent… 
End of the road, la seule destination possible quand on vient de nulle part… Une fois là, les jours peuvent bien défiler, les nuits peuvent bien tomber, les années dérouler leur tapis moisi, rien ne reste ni ne s’attache sur le sable de cet endroit…
End of the road, le vent souffle à m’en arracher les ongles…
End of the road, je sens le fusil de Magett derrière moi…

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